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Les silences.

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Les silences.

Message par Anthyme le Ven 17 Aoû 2018 - 20:30

Je perçois trois silences.

Le moins significatif de ces silences (le troisième), je l’entends au milieu de la petite clairière d’une forêt de sapins, lorsque un épais tapis de neige recouvre tout, y compris ce qui sépare le sol des premières branches, elles-mêmes liées les unes aux autres par des ponts de neige qui transforment la lisière en arène circulaire continue dont j'occupe le centre.
Dans cette chambre sourde naturelle, j’entends battre mon cœur et siffler mes acouphènes.

Le deuxième silence est moins physique que psychologique, car je l'entends lorsque la parole est gauche, fausse, manipulatrice, prédatrice ; c’est le silence produit par l’absence de bienveillance.

Le premier silence, pour moi le véritable silence, ne laisse aucune marque audible ni ne révèle un manque par aucun son, car c’est le silence qui porte les regards, leurs inexprimables partages, leurs cris de vérité.
Chose étrange, c’est au milieu du tohu-bohu d’une foule que je l’entends le mieux.

… … … …

Probablement y en a-t-il d’autres … de ces silences ?

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Re: Les silences.

Message par eclaircie le Sam 18 Aoû 2018 - 5:51

J'en connais un, de silence, que je n'apprécie pas du tout, c'est celui des jours et des nuits "plats", sans émotion aucune, sans réaction à un quelconque signe. Lorsque seule la pendule égraine les minutes et que je ne sais pas combien il en faudra encore avant le réveil ; le réveil du silence peuplé d'images, peuplé de cris de chouette, peuplé du silence du vent lorsqu'il est silencieux mais présent, peuplé de voix inaudibles mais dont le discours est et peuplé des poèmes des arbres depuis les racines dans l'humus jusqu'au murmure de l'écorce que l'on frôle.

Certains silences sont plus bruts et brutaux, là où la souffrance accompagne le quotidien, ou celui suivant des déflagrations, des cris de rage, des cris de guerre, des cris sur l'Autre.
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Re: Les silences.

Message par Anthyme le Dim 19 Aoû 2018 - 0:33

Tenter de transcrire l’interprétation de l’expression d’une autre subjectivité, pour ce qui me concerne, c’est aborder sa transcription en me mettant à l’écoute de ma subjectivité pour en réécrire, avec mes mots à moi, ce qu’elle – ma subjectivité – en aura compris.

Pour illustrer ; c’est un peu comme traduire en français la traduction anglaise de la traduction allemande d’un texte français.
À moins d’un texte simple, comme une recette de cuisine, il y a fort à parier que les deux textes français en extrémité de chaine soient bien différents, et ceci quels que soient les talents des traducteurs respectifs.

Ceci dit pour par avance pondérer comment sera interprété ce qui suit.

==================================

Le « silence » évoqué dans le premier paragraphe m’évoque un silence qui s’associerait avec une absence … un vide … et ce jusqu’à un réveil où se ferait entendre … « silencieux mais présent » …voix inaudibles mais dont le discours … discours silencieux mais présent, peuplé de voix inaudibles mais dont le discours est peuplé …etc. …
…bref …  où se ferait entendre un silence « plein ».

Pour ce qui concerne ma très subjective interprétation des choses : le « vide » ; c’est l’« absurde »
Par opposition : le « non-vide » ; c’est le « sensé »

Le « réveil » évoqué désignerait alors la démarcation entre l’« insensé » et le « sensé » …
Ce qui s’apparente à l’« éveil religieux » permettant de distinguer le « vain » du « justifié ».

… … … …

Le deuxième paragraphe m’apparaît beaucoup plus hermétique.
« Certains silences sont plus bruts et brutaux, là où la souffrance accompagne le quotidien, ou celui suivant des déflagrations, des cris de rage, des cris de guerre, des cris sur l'Autre. »

Il y a ce « les cris sur l’Autre-majuscule » que j’ai du mal à appréhender.

La référence à la souffrance me ramène au silence de l’absurde, car ne la « justifiant » pas, il en manifeste la gratuité.

Le deuxième paragraphe ne serait alors que le sur-lignage de la scandaleuse absurdité d’un silence qui s’accommode si bien de la gratuité de la souffrance humaine.

… … … …

Une façon simpliste d’appuyer sur l’ulcère serait de t’atteler à la question « Qu’est ce qui justifie ma vie ? »

Je ne pense pas que ça te serait si facile que ça de répondre …


(Ce n’est pas un défi, mais une illustration – ne pas se contraindre, jamais !)

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